C’est le faisceau perdu, jeté d’un autre espace
Qui venait s’infinir au fond de ma pupille;
Ce regard déphasé, ce feu d’une autre grâce,
D’un ailleurs de beauté, de mystère et de style.
C’est cet air d’évidence, c’est l’immédiateté
Ce calme sanctifié sous un voile de sang,
Ce halo supposé qui, soudain révélé,
Projetait comme un cri son flot luminescent.
C’est cet appareillage, vers les lointains systèmes
Dans des bras nébuleux aux brûlures sans nom,
Aux parfums saturés des rivages extrêmes
De lumière et d’acide, d’agrume et de néons.
C’est ce méplat solaire au-dessus du plexus
Où j’allongeais ma gueule dans l’éblouissement,
Où j’écoutais son cœur, comme un lointain nexus,
Balancer les rayons du spectre du vivant.
C’est sa bleue magnitude, dans les nuits repoussées
Qui me cramait les yeux dans le froid sidéral;
Quand son feu ruisselant, ma folie fleurissait
De douceurs étrangères, de splendeurs digitales.
C’est sa bouche-vortex, c’est son beau tourbillon
Où rugissait l’oubli, au bout de la brisure;
Comme un dernier frisson, comme une conclusion,
L’abolition du mal, la fin de l’aventure.
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