Mardi 16 octobre 2007

À moins de dix centimètres du regard, toutes les filles sont belles, me dis-je pendant ma promenade matinale. D’aussi près, tout est flou, toutes les différences s’annulent, ou tout au moins s’amenuisent. Tout redevient possible. On passe sous cette distance focale comme on passe le cap Horn pour trouver l’aventure. C’est à dire la peau. L’universalité de la peau. L’universalité des souvenirs de nuits passées à ramper, à rire aux gargouillis des ventres ; à serrer des cages thoraciques frêles en cascades, avec cette impression facile d’être un homme. Dans la nuit, toutes ces peaux sont égales, et deviennent infinies à bout touchant, immensités grêlées, translucides, brunes ou ocellées. Reliefs mouvants sous la main. Toutes se mélangent dans la mémoire. Jusqu’à devenir une. Je m’imagine volontiers ouvrant des chemises et ôtant des tee-shirts jusqu’à la fin des temps. Une sorte de Sisyphe du sexe.

 Je milite pour la révolution des folles. Des filles sans chaînes, capables de me regarder dans les yeux sans honte, de me prendre à la gorge et de me déchirer. Des filles carnassières me convoitant, et portant à leur bouche le message d’amour, le plus brutal, le plus incandescent .  Mieux qu’un mot, un ordre, une invocation, le verbe de Dieu fait à mon oreille : « baise-moi !». Hélas, ces demoiselles sont rarement, mais très rarement, dans cet état d’esprit. C’en est consternant. Elles jaugent, elles calculent, elles préparent leur nid. Elles s’économisent. . Elles veulent la sécurité garantie pour leurs vieux jours. Mais je préfère mille fois me branler que d’avoir une tronche d’assurance vie. Elles ont des « attentes » venues d’une autre galaxie  : être non-fumeur, sportif, dans la bonne tranche d’âge, avec un emploi stable, le bon sens de l’humour et surtout pas grossier. Comme si c’était la base de quoi que ce soit d’important ! Putain, qu’est-ce que ça peut foutre qu’on fume ou non, qu’on fasse un footing tous les matins ou qu’on se réveille à la bière; qu’on appelle une chatte une chatte, ou qu’ou n’on ne dise pas un mot plus haut que l’autre, pour ne pas blesser je ne sais qui, ni déranger je ne sais quoi ! Rien à foutre de déranger ! Pour moi, je ne veux pas d’une de ces représentantes, esclaves résignées et mondaines ; ni d’une de ces beautés d’entreprise, sèches et asexuées ; de celles pour qui l’effort tient lieu de sexualité. De celles qui la jouent au mérite. De celles qui ont le sens du devoir. De celles qui sont déjà mortes et qui font la morale aux agonisants. Pour moi, si je devais choisir une fille dans toute l’humanité, je prendrais celle qui dérange le plus, la plus imaginative, la plus cinglée, la plus impudique, celle qui ferait rougir de honte toute l’assistance, une peau-rouge hallucinée et perverse. À deux, on vivrait de scandales, on atomiserait leur morale. Libres, on ruinerait les efforts des autres pour nous comprendre. Pris, on balancerait notre énorme éclat de rire à leurs faces de culs serrés !
par David Lantano publié dans : L'enfer des caniches (obsessions)
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Retour à la page d'accueil

Commentaires

Aucun commentaire pour cet article

Présentation

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Octobre 2008
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30 31    
<< < > >>
Blog : Sport sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus