Vendredi 30 novembre 2007
À nouveau, j’ai rêvé d’une fille. C’était à une soirée quelconque, dans un lieu non identifiable, au ciel gris électrique typique du songe. J’essayais férocement
d’être neutre dans ce rêve, maîtrisé, poli, un vrai gentleman que rien n’émeut. Lorsqu’elle arriva, sortie d’une voiture, dans quelque parking brumeux devant un club, jeune femme blonde et mince,
un peu éméchée, je n’essayai rien, bien que mes rêves aient toujours été des zones débridées pour le sexe. Cette fois-ci, j’étais décidé à garder le contrôle, même endormi. Elle était canadienne,
ou disons que je la nationalisai ainsi, pour des raisons inexplicables. Lorsque je l’embrassai sur la joue, au moment où elle me fut présentée –je n’ai aucune idée par qui, évidemment- elle
tourna la tête légèrement pour que j’embrasse ses lèvres. Puis, elle s’en alla. Lors de la soirée, je fis bien attention de ne pas l’approcher, de ne pas fixer mon attention sur elle. Mais
finalement, à force d’allusions, de regards ; à force de poser la main sur moi, pour que je lui cède le passage, elle finit dans mes bras. J’étais assez catastrophé de voir que je n’avais
rien pu y faire. Je savais que j’étais en train de rêver et que cette volupté offerte n’était pas réelle. Mais je n’avais quand même pas pu m’en passer. Toute cette séduction qui passait par
l’ambiguïté, par le frôlement, l’expression du désir d’une autre me désarmait, annihilait toute ma volonté. J'ai passé la journée dans cette volupté. Souriant sans doute comme l’idiot du
village.
Retour à la page d'accueil